Nativité

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mardi 6 janvier 2015

Solidarité avec la Russie authentique: Réponse à la lettre d’un groupe d’émigrés russes favorable à la politique du Kremlin

Traduction de la Tribune parue le 1er janvier 2015 
sur le site émigré russe grani.ru: 
et repris par le site Radio Svoboda

Poussés par notre conscience nous prenons la plume aujourd’hui pour répondre à la récente lettre signée par certains descendants de la première émigration russe et publiée sur le site de l’organisation « Russkij most », un outil de propagande auprès des « concitoyens (russes) de l’étranger ». Ces derniers se prononcent dans l’actuel conflit russo-ukrainien en faveur de la ligne suivie par Vladimir Poutine et contre le gouvernement ukrainien. Nous ne goûtons guère à la polémique et nous souffrons pour ceux de nos proches et de nos amis qui font aujourd’hui le choix de soutenir la politique aventuriste du Kremlin. Mais nous ne pouvons pas accepter que l’héritage de l’émigration russe dont nous sommes nous aussi les dépositaires soit ainsi manipulé par la propagande des dirigeants actuels de la Fédération de Russie. 

Les services de la propagande du Kremlin ont toujours joué, à l’époque du KGB comme aujourd’hui, sur la fibre patriotique de l’émigration russe. Bien entendu, la majorité des descendants de l’émigration russe, toutes générations confondues, est attachée à la Russie, à la culture russe et, pour la plupart, à la foi chrétienne orthodoxe. Mais l’intelligentsia russe, de Berdiaev à Boukovski, a toujours su distinguer entre « l’idée russe », faite de goût pour la liberté et pour la vérité, et la politique nationaliste du Kremlin, qu’elle soit pro-communiste ou pro-eurasienne. Les associations d’émigrés, les médias et les mouvements de jeunesse, défendent à Paris, Londres ou New York, la Russie de Pouchkine et de Sakharov, non celle de Douguine et de Ziouganov. Il n’y a en effet ni de parti pro-eurasien ni de parti pro-communiste dans l’émigration russe. Les paroisses de l’émigration russe sont, dans leur grande majorité, en France dans l’obédience du patriarcat de Constantinople, aux Etats-Unis dans une Eglise autocéphale indépendante, et non sous la juridiction du patriarcat de Moscou. Car elles ont rejeté depuis longtemps l’hérésie phylétiste qui consiste à privilégier le « monde russe » à la communauté des baptisés.

Ceux qui se présentent dans leur lettre comme les héritiers de l’émigration russe et qui cautionnent aujourd’hui la politique de Vladimir Poutine ont comme principal argument le fait que le gouvernement ukrainien mène une opération militaire dans le Donbass. Ils savent pourtant que la Russie est l’agresseur puisque les hommes armés qui ont annexé la Crimée et qui déstabilisent aujourd’hui le Donbass sont des Russes. Ils savent que le gouvernement ukrainien actuel mène une opération défensive, anti-terroriste, et qu’à la différence du gouvernement précédent il met en place une politique de décentralisation. Ils savent également que les Criméens ne sont pas des Russes mais des russophones qui regrettent amèrement aujourd’hui l’annexion russe comme le montre leur refus de rendre leur passeport ukrainien. Ils savent aussi que les habitants du Donbass souhaitent pour les trois-quarts d’entre eux faire partie de l’Ukraine comme l’attestent tous les sondages. Ils ont lu dans la presse ou les réseaux sociaux que la Russie a été condamnée pour son attitude en Ukraine par une écrasante majorité des pays du monde à l’Assemblée Générale des Nations Unies et qu’elle a été interdite de vote par l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe. Ils ont entendu à la radio ou à la télévision que le président Porochenko a proposé à plusieurs reprises des cessez-le-feu et des plans de paix qui n’ont jamais été respectés par les séparatistes ukrainiens associés aux mercenaires du Kremlin.

Mais tous ces arguments sont balayés d’un revers de main par ces émigrés russes (devenus d’ailleurs depuis longtemps citoyens européens pour la plupart des signataires) au nom d’un profond désir de reconnaissance de la « mère patrie ». Il y a aussi chez eux une perte de confiance dans les démocraties occidentales, ce qui les rapproche de plus en plus des partis politiques extrémistes et populistes (qui restent cependant eux aussi encore minoritaires dans le paysage politique européen). Il y a enfin un manque presque complet de connaissance de la culture ukrainienne et de son identité propre, spécifique, car bilingue, bi-culturelle et œcuménique.

Nous tentons malgré tout de dialoguer, quand c’est encore possible, avec eux. Nous leur expliquons que les oligarques russes eux-mêmes ont plus confiance dans les démocraties occidentales que dans le régime autoritaire de la Russie actuelle puisqu’ils font le choix de vivre en Europe ou aux Etats-Unis ou d’y envoyer leurs enfants faire leurs études. Nous leur rappelons la terrible désillusion qu’ont connue par le passé ceux qui, aveuglés par leur nationalisme, défendirent la Russie stalinienne au point de vouloir rentrer en URSS et qui finirent par périr une balle dans la nuque. Nous leur lisons les paroles d’Alexandre Soljenitsyne, demandant de « ne pas vivre dans le mensonge » et de se débarrasser du mythe assassin du « rassemblement des terres russes ». Nous les enjoignons de lire Georges Fedotov, cet historien de l’émigration russe, qui enseigna à la fois à l’Institut Saint-Serge, à Paris,  et à l’Institut Saint-Vladimir, à New-York, et qui, tout en étant un grand patriote russe, reconnut l’identité très ancienne de la nation ukrainienne, cette autre héritière de la Rous’ de Kiev (au même titre que la Russie moscovite). Nous leur disons que la vraie Russie a toujours été grande quand elle fut respectueuse du droit et ouverte au monde, et que c’est avec elle qu’il faut se solidariser ainsi qu’avec tous ceux et celles qui luttent aujourd’hui en Russie pour la défense de la vérité, de la paix et de la dignité de tout homme.

Mais ils ne nous écoutent pas. Fascinés qu’ils sont par la nouvelle puissance de la kleptocratie russe, par les mensonges du président russe qui veut voir dans la Crimée une « terre séculaire russe » (alors qu’elle n’a été intégrée à l’Empire des tsars qu’à la fin du XVIIIe siècle) et identifie le prince de Kiev Volodymyr à un souverain russe, ou par l’idée provinciale, orgueilleuse, de « Moscou, 3e Rome »…


Dmitri Akhtyrsky, USA
Antoine Arjakovsky, France.                                     
Andrei Bessmertny Anzimirov, USA
Anna Brodskaja-Bomke, Allemagne
Anna Bykhovskaia, Allemagne
Tamara Candala, France
Pauline Gruental, USA
Artemij Keidan, Italie
Inga Leonova, USA
Toma Shevliakova, USA

jeudi 1 janvier 2015

Солидарность с подлинной Россией

в блоге Солидарность с подлинной Россией

 Антуан Аржаковский (в блоге Свободное место01.01.2015

Ответ на письмо группы русских эмигрантов в поддержку политики Кремля
Наша совесть побуждает нас сегодня ответить на недавнее письмо некоторых потомков первой русской эмиграции. Оно было опубликовано на сайте организации «Русский мир», который является своеобразным пропагандистским оружием «русских соотечественников зарубежом». В контексте нынешнего российско-украинского конфликта подписавшие письмо заявляют о своей поддержке политики Владимира Путина и выступают против руководства Украины.
Не желая пускаться в полемику, мы в то же время должны с сожалением заметить, что среди наших близких и друзей есть такие, которые в настоящее время поддерживают авантюристскую политику Кремля. Однако, будучи также представителями русской эмиграции, мы не можем согласиться с тем, чтобы ее наследие в пропагандистских целях использовалось нынешним руководством России.
Кремлевская пропаганда всегда - как в эпоху всесильного КГБ, так и сегодня - играла на патриотических чувствах русской эмиграции. Конечно, большинство русских эмигрантов всех поколений ощущали и ощущают свою связь с Россией, с русской культурой и православной верой. Но русская интеллигенция - от Бердяева до Буковского - всегда проводила различие между освященной духом свободы и правды «русской идеей» и националистической политикой Кремля, будь она прокоммунистической или проевразийской. Эмигрантские объединения, СМИ и молодежные организации в Париже, Лондоне или Нью-Йорке выступают за Россию Пушкина и Сахарова, а не за Россию Дугина и Зюганова. В русской эмиграции нет ни партии проевразийской, ни партии прокоммунистической. Большинство русских эмигрантских приходов во Франции находится в юрисдикции Константинопольского патриархата, а в США - Американской православной церкви, а не в юрисдикции Московского патриархата. Ибо они давным-давно отказались от ереси филетизма, отдающего предпочтение «русскому миру» в ущерб единству исповедующих единое крещение.
Называющие себя в письме наследниками русской эмиграции и поддерживающие сегодня политику Владимира Путина в качестве главного аргумента выдвигают то, что украинское руководство осуществляет военную операцию в Донбассе. Но они должны знать, что агрессором является Россия: ведь те вооруженные люди, которые захватили Крым и сегодня дестабилизируют положение в Донбассе, - россияне. Они должны знать, что нынешнее украинское руководство ведет оборонительную и антитеррористическую борьбу и - в отличие от предыдущего правительства - предусматривает политическую децентрализацию. Они должны знать, что жители Крыма не россияне, а русскоязычные и что они сегодня глубоко сожалеют о присоединении к России, о чем свидетельствует их нежелание возвращать украинские паспорта. Они также должны знать, что согласно опросу три четверти жителей Донбасса желают оставаться в составе Украины. Из прессы и интернета им известно, что политика России по отношению к Украине была осуждена большинством стран - членов ООН и что Россия была лишена права голоса в ПАСЕ. Они знают, что президент Порошенко многократно призывал к прекращению огня и мирному урегулированию и что эти призывы не были услышаны украинскими сепаратистами, объединенными с российскими наемниками.
Однако все эти аргументы отвергаются этими русскими эмигрантами ради сокровенного желания быть признанными «Родиной-Матерью» (напомним, что большинство подписавшихся уже давно европейские граждане). Они утратили доверие к западным демократиям, что все больше сближает их с правопопулистскими и экстремистскими партиями, которые, правда, в европейской политике составляют меньшинство. Наконец, они абсолютно не знают украинской культуры и ее своеобразия.
Вопреки всему и насколько это еще возможно, мы стремимся к диалогу с ними. Мы пытаемся им объяснить, что даже русские олигархи больше доверяют западным демократиям, чем нынешнему авторитарному режиму в России, предпочитая жить в Европе или в США и посылать туда учиться своих детей. Мы хотим им напомнить о страшном разочаровании тех ослепленных национализмом защитников сталинской России, которые по возвращении в СССР погибли от пули в затылок. Мы напоминаем им завет Александра Солженицына «жить не по лжи» и призываем отбросить убийственный миф «собирания русских земель». Мы советуем им прочесть труды выдающегося русского историка Георгия Федотова, преподававшего в Свято-Сергиевском институте в Париже и в Свято-Владимирской семинарии в Нью-Йорке: будучи пламенным русским патриотом, он признавал многовековое своеобразие украинской культуры, наряду с Московской Русью также являющейся наследницей Киевской Руси. Мы хотим им сказать, что подлинная Россия была тогда великой, когда была открытой миру и соблюдала международное право. Именно с такой Россией и следует проявлять солидарность. Нужно также поддерживать тех граждан России, которые борются в защиту правды, мира и достоинства человека.
Однако, увы, они нас не слышат. Они очарованы растущей силой русской клептократии и ложью русского президента о Крыме как «исконно русской земле» (на самом деле присоединенного к царской империи лишь в конце XVIII века) и о киевском князе Владимире как о русском государе, а также провинциальной и тщеславной идеей «Москвы - третьего Рима»...
Антуан Аржаковский, Франция
Андрей Бессмертный-Анзимиров, США
Артемий Кейдан, Италия

lundi 29 décembre 2014

Антуан Аржаковский: Россия-Украина: от войны к миру?


Антуан Аржаковский

Россия-Украина:

от войны к миру?


Я рад, что эта книга «Россия-Украина: от войны к миру?», вышедшая в июне в Париже, теперь появится на русском языке с дополнительной главой, охватывающей период с июня по октябрь 2014 года. 

Книга получила хорошие отзывы во Франции, и я особенно рад, что получил премию Григория Орлика из рук сенатора Эрве Морэ, председателя Комитета «Франция-Украина», и Ольги Сориной, президента журнала Perspectives ukrainiennes («Украинские перспективы»).

Большое спасибо всем (начиная с Ирины Наконечной, сделавшей переводкниги), кто согласился работать в срочном порядке, чтобы сделать доступными мой анализ драматических событий в Украине и России в 2013-2014 гг. Главным условием для того, чтобы найти мирное решение российско-украинского конфликта действительно, является доступность русскоязычному и украиноязычному населению наиболее достоверной информации (что не исключает ее заангажированности) о событиях. Представляю русский вариант, с надеждой, что однажды, может быть, появится и украинская версия. 

Поскольку нет издателей, способных опубликовать такую книгу на русском в Париже и особенно широко распространить ее в Украине и России, я принял решение – пока социальные сети и орды троллей, которые их заполняют, еще остаются посещаемыми, – распространить ее бесплатно в сети через мой блог. 

Желаю всем приятного чтения и мирного года! 


Антуан Аржаковский

lundi 10 novembre 2014

La meute et le Léviathan


J’ai écris le 6 novembre une tribune pour Lefigaro.fr, avec pour titre: « Ouvrons les yeux sur la Russie de Vladimir Poutine » 

Il s'agit du discours que j'ai prononcé au Sénat à l'occasion de la remise du prix Grégoire Orlyk pour mon livre Russie-Ukraine: de la guerre à la paix? 

Je raconte dans cet article qu'il y a des tonnes de matériel militaire et des soldats russes sans uniforme dans le Donbass aujourd'hui. C’est ce que disent depuis plusieurs jours le gouvernement ukrainien et l’OTAN, mais aussi plus récemment l’OSCE (par une déclaration du 6.11), l’Union européenne (par la voix de Fédérica Mogherini le 9.11) et le Conseil de sécurité américain (par la voix de son porte parole Bernadette Meehan le 10.11). Il y a, qui plus est, depuis les pseudo-élections du Donbass le 2.11 plusieurs dizaines de morts côté ukrainien. On compte 1700 personnes enlevés dans la région de Donetsk et Louhansk…Des chefs d’entreprise ont été abattus pour n’avoir pas voulu payer l’impôt des républiques auto proclamées…Des combats incessants ont lieu entre Russes et Ukrainiens du côté de Donetsk et de Marioupol.

Je reprends dans ce texte ces faits incontestables avec en plus le rappel, tout autant incontestable, que la Russie a envoyé des bombardiers dans le ciel européen et des sous marins nucléaires dans les eaux territoriales européennes. Je m'interroge également sur les drones qui survolent au même moment les centrales nucléaires françaises. Dès le lendemain plusieurs centaines de commentaires de trollers ont été publié sur le site du Figaro et des textes ont été mis en ligne sur plusieurs autres sites pour dénigrer mon article et pour m’insulter. Ce sont des commentaires anonymes bien sûr et le plus souvent insipides (bien que dans certains cas, si leurs auteurs agissaient à visage découverts et hors des horaires de bureau, ils mériteraient la réplique). Les trollers sont des gens sans références qui fonctionnent en meute. Ils sont payés pour noyer dans leurs commentaires les arguments de l'auteur disposant d'une expertise. Leur métier consiste à se mettre au service de l'idéologie et de la propagande. Ce sont des pratiques détestables qui deviennent malheureusement courantes aujourd'hui dès qu'on veut parler de la Russie actuelle. On constate du reste la généralisation de ce même type de pratiques nauséabondes dans d’autres pays européens.

Je suis donc inquiet pour la démocratie et pour le paysage médiatique en Europe. J'invite mes lecteurs à faire preuve de vigilance et de fermeté face à ces nouvelles pratiques. Pour ma part elles ne font que renforcer ma conviction que la liberté des Européens est belle et bien en danger avec la politique actuelle du Kremlin. Je recommande d'autant plus à chacun (ainsi qu'aux trollers qui auraient gardé un peu de conscience morale) d'aller voir le terrible film Léviathan de Zvyaguintsev sur la Russie d'aujourd'hui.

lundi 10 mars 2014

En attendant le concile de l'Eglise Orthodoxe

Sur l’annonce de la tenue à la Pentecôte 2016 à Constantinople du concile pan-orthodoxe, j’ai une réaction partagée.

Car d’un côté je suis de ceux qui considèrent depuis longtemps que le travail de conciliarité inter-orthodoxe est indispensable et urgent. Les Eglises Orthodoxes ont vécu trop longtemps dans des mondes clos. Dans le livre que j’ai publié en 2011 « En attendant le concile de l’Eglise Orthodoxe » j’expliquais que le pourrissement des crises au sein du monde orthodoxe (conflit entre Moscou et Constantinople sur le leadership ; montée un peu partout des courants anti-œcuméniques et fondamentalistes ; schisme de l’Eglise orthodoxe ukrainienne et du patriarcat de Kiev, etc…) était toujours lié à l’absence d’une gouvernance inter-orthodoxe efficace.

Mais je suis très sceptique sur le choix qui a été avalisé à Constantinople de ne prendre des décisions que sur la règle de l’unanimité (chaque Eglise disposant d’un droit de veto). Lorsque nous avons organisé un colloque en 2012 à l’Institut saint Serge et au Collège des Bernardins sur le sujet du futur concile pan orthodoxe (cf revue Contacts n°243) nous avions constaté que la plupart des décisions pré-conciliaires qui ont été elles aussi prises à l’unanimité ont abouti à des non-choix (sur la célébration unifiée de la date de Pâques par exemple) alors que l’orthodoxie a besoin d’une profonde purification aujourd’hui. Dans la déclaration du Phanar on utilise aussi le terme de « consensus ». Mais je ne suis vraiment pas certain que les hiérarques orthodoxes ont une connaissance bien précise de ce que nous entendons en Occident par « technique du consensus ». En revanche comme le montre le conflit entre le patriarcat d’Antioche et le patriarcat de Jérusalem au sujet de la présence orthodoxe au Quatar les Eglises semblent vivre toujours au Moyen Age avec leur vision strictement territoriale de l’ecclésialité. 

De plus je constate que le choix a été fait de ne réunir que des évêques pour représenter les Eglises locales. Ceci est typique d’une mentalité cléricale et ce qui nous éloigne malheureusement du concile de l’Eglise russe de 1917 qui avait su intégrer les laïcs. On ne pourra pas vraiment appeler du terme de "concile" une réunion d'évêques ayant verrouillé dans leur coin tous les sujets à l'avance.


Enfin je suis surpris que cette synaxe de Constantinople n’ait fait aucune déclaration demandant au président Poutine de retirer ses troupes de l’Ukraine. Il y a même une phrase dans la déclaration sur l'Ukraine extrêmement ambiguë qui pourrait laisser entendre que les agresseurs ne seraient pas les troupes russes. Une sorte de copié-collé de l'argumentaire que l'Eglise russe a déjà utilisé pour légitimer l'annexion par la Russie d'autres régions telles que l'Ossétie du Nord par exemple. Les deux peuples orthodoxes les plus nombreux de la planète sont en situation de guerre et les hiérarques rassemblés ne prennent aucune initiative autre qu'une sainte prière! Dans ces conditions les chances pour qu’un concile panorthodoxe donne des fruits qui répondent aux vrais enjeux du monde contemporain sont donc actuellement très faibles. Chacun sait pourtant que le conflit inter-orthodoxe actuel portant sur l’octroi de l’autocéphalie (capacité pour une Eglise locale à élire son propre chef) a des conséquences directes sur la situation ukrainienne. Le patriarche Kirill de Moscou fait tout pour empêcher l’Eglise orthodoxe ukrainienne de se réunifier. Alors que par une simple décision les patriarches de Moscou et de Constantinople auraient pu permettre au patriarcat de Kiev et à l’Eglise orthodoxe ukrainienne de s’organiser en une seule Eglise autocéphale.